Qu’est-ce Un Guru?
Par Sa Divine
Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada
om ajnana-timirandhasya
jnananjana-salakaya
caksur unmilitam yena
tasmai sri-gurave namah
« Je suis né dans les plus profondes ténèbres
de l’ignorance et mon guru, mon maître spirituel m’a ouvert
les yeux avec le flambeau de la connaissance. Je lui rends
mon hommage respectueux. »
Le mot ajnana signifie ‘ignorance’ ou
‘ténèbres’. Si toutes les lumières dans cette chambre sont
éteintes soudainement, nous ne pourrons pas voir où se
tiennent toutes les personnes. Tous seront mis dans la
confusion. De même, nous nous trouvons dans l’obscurité dans
ce monde matériel, qui est le monde du tamas. Tamas
ou timira signifie ‘obscurité’. Cet univers matériel
est plein de ténèbres, et nécessite donc la lumière du
soleil ou de la lune pour illumination. Par contre, il
existe un autre univers, lui spirituel, au-delà de cette
obscurité.
Ce monde est décrit par Sri Krishna dans la
Bhagavad-gita (15.6) :
na tad bhasayate suryo
na sasanko na pavakah
yad gatva na nivartante
tad dhama paramam mama
« Ce royaume suprême, le Mien, ni le soleil,
ni la lune, ni la force électrique ne l’éclairent. Pour qui
l’atteint, point de retour en ce monde. »
L’affaire du guru est de ramener ses
disciples de l’obscurité vers la lumière. A ce moment tout
le monde souffre à cause de l’ignorance, comme lorsqu’on
devient infecté d’une maladie par ignorance. Si on ne
connait pas les principes d’hygiène, on deviendra malade.
C’est par ignorance donc que nous souffrons nos maladies. Un
homme criminel dira « Je ne connaissais pas la loi ! »; mais
il ne sera pas excusé s’il commet un crime. L’ignorance
n’est pas une excuse.
De la même manière, un enfant qui ne sait pas
que le feu brûle voudra toucher le feu. Le feu ne pense pas,
« Oh ! C’est un enfant, et il ne sait pas que je peux le
brûler. » Non, il n’y pas d’excuse. De même que l’état a ses
lois, la nature a ses lois strictes, et ces lois agiront en
dépits de notre ignorance. Si, dans notre ignorance, nous
commettons du mal, nous devrons souffrir les conséquences.
C’est la loi. Que se soit la loi de l’état ou la loi de la
nature, nous devrons souffrir si nous la transgressons.
L’affaire du guru est de voir que nul être
humain ne souffre dans ce monde matériel. Aucun ne peut
déclarer qu’il n’a point de souffrance. Ce n’est pas
possible. Dans le monde matériel, il existe trois sortes de
souffrances : adhyatmika, adhibhautika, and
adhidaivika. Ce sont les misères qui surviennent du
corps matériel et du mental, des autres entités vivantes, et
des forces de la nature.
On pourrait souffrir à cause d’une angoisse,
ou bien on pourrait souffrir à cause d’autres entités
vivantes – des fourmis ou des moustiques ou des mouches – ou
on pourrait souffrir à cause d’une force supérieure. Il
pourrait y avoir la sécheresse ou bien un déluge. On
pourrait avoir trop chaud ou bien trop froid. Toutes sortes
de souffrances nous sont imposées dans le monde matériel, et
tous sont sujets à une, deux ou trois de ces formes de
misères. Aucune personne ne peut dire qu’elle est
complètement libre de toute souffrance.
On pourrait se demander pourquoi l’entité
vivante souffre. La réponse : l’ignorance. Elle ne pense
pas, « Je commets des erreurs, et ma vie est pleine de
péchés ; c’est la raison pour laquelle je souffre. » Le
premier but du guru est de délivrer son disciple de cette
ignorance. Nous envoyons nos enfants à l’école pour qu’ils
n’aient pas a souffrir. Si nos enfants ne reçoivent pas une
éducation, nous craignons qu’ils souffrirons dans le futur.
Le guru peut voir que la souffrance est causé
par l’ignorance, qui se compare aux ténèbres. Comment
est-ils possible que quelqu’un dans l’obscurité puisse se
délivrer ? Avec la lumière. Le guru prend le flambeau de la
connaissance et le présente à l’entité vivante gisant dans
l’obscurité. Cette connaissance le libère des souffrances
des ténèbres de l’ignorance.
On pourrait se demander si un guru est
absolument nécessaire. Les écrits Védiques nous indiquent
dans l’affirmative :
tad-vijnanartham sa gurum evabhigacchet
samit-panih srotriyam brahma-nistham
[MU 1.2.12]
Les écrits Védiques nous prescrivent de
rechercher un guru ; en fait, ils disent de chercher LE
guru, et non seulement un guru. Le guru est un, parce qu’il
vient dans la succession disciplique. Ce que Vyasadeva et
Krishna enseignèrent il y a 5 000 ans est enseigné aussi a
présent. Il n’y a aucune différence entre les deux
instructions. Bien que des centaines et des milliers d’acaryas [précepteurs
spirituels] soient venus et partis, le message demeure le
même. Le vrai guru ne peut être deux, car le vrai guru ne
parle pas différemment de ses prédécesseurs.
Certains enseignants spirituels disent, « Mon
opinion est que tu devrais faire ceci », mais ils ne sont
pas gurus. Ces soi-disant gurus sont seulement des coquins.
Le véritable guru n’a qu’une seule opinion, et c’est
l’opinion de Krishna , de Vyasadeva, de Narada, Arjuna, Sri
Caitanya Mahaprabhu et les Gosvamis. Il y a cinq mille ans,
le Seigneur Sri Krishna énonça la Bhagavad-gita, et
Vyasadeva l’a mise par écrit. Srila Vyasadeva n’a pas dit,
« Voici mon opinion. » Au contraire, il écrivit, « sri
bhagavan uvaca », c’est-a-dire, « le Seigneur
Bienheureux dit. » Ce que Vyasadeva inscrivait fut
originellement énoncé par la Personnalité Suprême de Dieu.
Srila Vyasadeva n’exprimait pas son opinion.
Par conséquent, Srila Vyasadeva est un guru.
Il n’interprète pas les paroles de Krishna, mais les
transmets telle qu’elles ont été énoncées. Si nous envoyons
un télégramme, la personne qui remet le télégramme n’a nul
besoin de le corriger, le rédiger, ou bien d'y ajouter
quelque chose. Il n’a seulement qu’a le remettre. Voici donc
l’affaire du guru. Le guru pourra être telle ou telle
personne, mais le message demeure le même ; il est donc dit
que le guru est un.
Dans la succession disciplique, nous trouvons
toujours la répétition du même sujet. Dans la Bhagavad-gita
(9.34) Sri Krishna dit :
man-mana bhava mad-bhakto
mad-yaji mam namaskuru
mam evaisyasi yuktvaivam
atmanam mat-parayanah
« Emplis toujours de Moi ton mental, deviens
mon dévot, offre-Moi ton hommage et voue-Moi ton adoration.
Parfaitement absorbe en Moi, certes tu viendras à Moi. »
Ces mêmes instructions furent réitérées par
tous les acaryas, tels Ramanujacarya, Madhvacarya, et
Caitanya Mahaprabhu. Les six Gosvamis ont aussi transmit le
même message, et nous suivons dans leurs traces. Il n’y a
aucune différence. Nous n’interprétons pas les paroles de
Krishna en disant, « Dans mon opinion, la Bataille de
Kuruksetra représente le corps humain. » Telles
interprétations sont présentées par des coquins. Dans le
monde, il y a beaucoup de gurus coquins qui présentent leurs
propres opinions, mais nous défions tous ces coquins.
Un guru coquin dira, « Je suis Dieu », ou
bien, « Nous sommes tous Dieu. » Tout ceci est bel et bien,
mais nous devrions trouver la définition du mot ‘Dieu’ dans
le dictionnaire. Généralement le dictionnaire indiquera que
le mot ‘Dieu’ signifie l’Etre Suprême. On pourra donc
demander à tel guru, « Est-tu la Personne Suprême ? » S’il
ne peut nous comprendre, nous lui donnerons le sens du mot
‘suprême’. Le dictionnaire nous informe que ‘suprême’
signifie ‘la plus haute autorité’.
On pourra donc demander, « Est-tu la plus
haute autorité ? » Un tel guru coquin, en se proclamant Dieu
lui-même, ne peut répondre à notre question. Dieu est l’Etre
Suprême et la plus haute autorité. Personne ne Lui est égal
ni supérieur. Pourtant il y a tellement de guru-dieux,
tellement de coquins qui se proclament l’Etre Suprême. De
tels coquins ne pourront pas nous aider a échapper les
ténèbres de l’existence matérielle. Ils ne peuvent illuminer
notre obscurité avec le flambeau de la connaissance
spirituelle.
Le guru authentique présentera simplement ce
que dit le guru suprême, Dieu, dans les écritures
authentiques. Un guru ne peut pas changer le message de la
succession disciplique. On doit comprendre que l’on ne peut
pas faire la recherche pour trouver la Vérité Absolue.
Caitanya Mahaprabhu Lui-même dit, « Mon Guru Maharaja, Mon
maitre spirituel, m’a considéré un grand imbécile. » Celui
qui demeure un grand imbécile face à son propre guru est un
guru lui-même.
Mais, si quelqu’un déclare, « Je suis
maintenant si avancé que je peux parler mieux que mon guru
», il est un coquin. Dans la Bhagavad-gita (4.2) Sri Krishna
dit :
evam parampara-praptam
imam rajarsayo viduh
sa kaleneha mahata
yogo nastah parantapa
« Savoir suprême, transmit de maître à
disciple, voilà comment les saints rois l’ont reçu et
réalisé. Mais au fils du temps, O vainqueurs des ennemis, la
succession disciplique s’est rompue, et cette science, en
son état de pureté, semble maintenant perdue. »
Accepter un guru n’est pas une question de
mode. Celui qui est sérieux pour comprendre la vie
spirituelle requière un guru. Le guru est une question de
besoin, car l’on doit être très sérieux pour comprendre la
vie spirituelle, Dieu, l’action propice, et la relation
vis-à-vis de Dieu. Quand nous serons très sérieux pour
comprendre ces sujets, nous aurons besoin d’un guru. Nous ne
devons pas aller au guru simplement parce que c’est la mode.
La soumission doit y être, car sans la soumission nous ne
pourrons rien apprendre. Si nous allons voir le guru
uniquement pour le défier, nous n’apprendrons rien du tout.
Nous devons accepter le guru dans la même
manière qu’Arjuna a accepté son guru, Sri Krishna Lui-même :
karpanya-dosopahata-svabhavah
prcchami tvam dharma-sammudha-cetah
yac chreyah syan niscitam bruhi tan me
sisyas te 'ham sadhi mam tvam prapannam
« La défaillance m’a fait perdre ton mon
sang-froid ; je ne vois plus où est mon devoir. Indique-moi
clairement où est la voie juste. Je suis à présent Ton
disciple et m’en remets à Toi ; éclaire-moi, je T’en prie.
(Bhagavad-gita 2.7)
Voici donc le processus pour accepter un
guru. Le guru est le représentant de Krishna, le
représentant des acaryas précédant. Krishna dit que
tous les acaryas sont Ses représentants ; donc au
guru doit être offert le même respect que nous offrons à
Dieu. Selon Visvanatha Cakravarti Thakura dans ses prières
au maître spirituel, « yasya prasadad bhagavat-prasadah –
par la miséricorde du maître spirituel on reçoit la
bénédiction de Krishna. » Ainsi, en nous remettant au guru
authentique, nous nous soumettons à Dieu. Dieu accepte notre
soumission au guru.
Dans la Bhagavad-gita (18.66) Krishna
instruit:
sarva-dharman parityajya
mam ekam saranam vraja
aham tvam sarva-papebhyo
moksayisyami ma sucah
« Laisse là toute autre forme de religion, et
abandonne-toi simplement à Moi. Toutes les suites de tes
fautes Je t’en affranchirai. N’aie nul crainte. »
Quelqu’un pourra discuter, « Où est Krishna ?
Je vais me soumettre à Lui. » Mais non, le procède est que
d’abord on se soumet au représentant de Krishna ; par la
suite on se soumet à Krishna. Il est donc dit, « saksad-dharitvena
samasta-sastraih »: le guru est équivalent à Dieu. Quand nos
offrons nos respects au guru, nous offrons nos respects à
Dieu. Parce que nous essayons d’être conscient de Dieu, il
est nécessaire que nous apprenions a offrir nos respects à
Dieu a travers le représentant de Dieu. Dans toutes les
écritures, le guru est décrit comme étant équivalent à Dieu,
mais le guru ne déclare jamais, « Je suis Dieu. »
Le devoir du disciple est d’offrir les
respects à son guru tout comme il offre ses respects à Dieu,
mais le guru ne pense jamais, « Mes disciples m’offrent le
même respect qu’ils accordent à Dieu ; je suis donc devenu
Dieu. » Aussitôt qu’il pense de cette façon, il devient un
chien au lieu de Dieu. C’est pourquoi Visvanatha Cakravarti
dit, « kintu prabhor yah priya eva tasya. » Parce
qu’il est le serviteur le plus confidentiel de Dieu, le guru
est offert le même respect que Dieu.
Dieu est toujours Dieu, le guru est toujours
le guru. Selon l’étiquette, Dieu est le Dieu adorable, et le
guru est le Dieu adorateur [sevaka-bhagavan]. Le guru
est donc adressé du nom de Prabhupada. Le mot prabhu
signifie ‘seigneur’ and pada signifie ‘position’.
C’est ainsi que Prabhupada veut dire ‘celui qui a
pris la position du Seigneur.’ C’est la même chose que
saksad- dharitvena samasta-sastraih.
Le guru est nécessaire seulement si nous
sommes très sérieux de comprendre la science de Dieu. Nous
ne devrions pas essayer de maintenir un guru parce que c’est
la mode. Celui qui a accepté un guru parle avec
intelligence. Il ne parle jamais le non-sens. Voilà le signe
d’avoir acceptéun guru authentique. Nous devons certes
offrir tous nos respects au maître spirituel, mais aussi
nous devons nous souvenir comment accomplir ses ordres.
Dans la Bhagavad-gita (4.34) Sri Krishna
Lui-même nous dit la méthode de chercher et de s’approcher
du guru:
tad viddhi
pranipatena
pariprasnena sevaya
upadeksyanti te jnanam
jnaninas tattva-darsinah
« Cherche a connaître la vérité en approchant
un maître spirituel ; enquiers-toi d’elle auprès de lui avec
soumission, et tout en le servant. L’âme réalisée peut te
révéler le savoir car elle a vu la vérité. »
Le premier processus est celui de la
soumission. Nous devons trouver un personnage exalté et
volontairement nous soumettre devant lui. Les sastras
[écritures] nous enseignent qu’avant d’accepter un guru,
nous devons l’étudier soigneusement pour déterminer si nous
pouvons nous soumettre à lui. Nous ne devons pas accepter un
guru soudainement, par fanatisme. Ce serait dangereux.
Le guru lui aussi étudie la personne qui
désire devenir son disciple pour voir s’il est qualifié.
C’est de cette façon que la relation est établie entre le
guru et le disciple. Toutes choses sont prévues, mais nous
devons suivre le procède sérieusement. Ainsi nous pouvons
être formés à devenir un disciple authentique. D’abord nous
devons trouver un guru authentique, établir notre relation
avec lui, et agir en accord avec ses instructions. C’est
alors que notre vie sera un succès, car le guru peut
éclairer le disciple sincère qui se trouve dans l’ignorance.
Tous sont nés fripons et sots. Si nous
naissons en pleine connaissance, pourquoi aurions-nous
besoin d’aller à l’école ? Si nous ne cultivons pas la
connaissance, nous ne sommes pas mieux que les animaux. Un
animal pourra dire qu’il n’a pas besoin de livres, et qu’il
est devenu guru, mais comment est-ce possible d’obtenir la
connaissance sans étudier les livres autorisés de science et
de philosophie ? Les gurus coquins évitent toutes ces
choses.
Nous devons comprendre que nous sommes tous
nés fripons et sots et que nous avons besoin d’être
éclairci. Nous devons recevoir la connaissance pour
perfectionner notre vie. Si nous ne perfectionnons pas notre
vie, nous sommes vaincus. Qu’elle est cette défaite ? La
lutte pour l’existence. Nous essayons d’améliorer notre vie,
d’obtenir une meilleure position, and pour ceci nous nous
exerçons avec grande difficulté. Mais en fait, nous ne
savons pas quelle est la position supérieure.
Toute position dans ce monde matériel doit
être abandonnée. Notre position peut être bonne ou
mauvaise ; dans tout cas, nous ne pouvons pas demeurer ici.
Nous pourrions gagner des milliers de dollars et penser
« Maintenant je suis dans une bonne situation », mais une
petite dysenterie ou une choléra nous ôtera de notre
situation. En fait, il n’y a pas de bonne situation dans le
monde matériel. C’est une farce. Tous ceux qui essayent
d’atteindre une meilleure position dans le monde matériel
sont ultimement vaincus, parce qu’une meilleure position n’y
existe pas.
La Bhagavad-gita (14.26) nous montre quelle
est la meilleure position :
mam ca yo 'vyabhicarena
bhakti-yogena sevate
sa gunan samatityaitan
brahma-bhuyaya kalpate
« Celui qui tout entier s’absorbe dans le
service de dévotion, sans jamais faillir, transcende des
lors les trois gunas et atteint par là le niveau du
brahman. »
Y’a-t-il une science qui nous donne la
connaissance par laquelle nous pouvons devenir immortels ?
Oui, nous pouvons devenir immortels mais non pas dans le
sens matériel. On ne peut pas recevoir cette connaissance
dans les soi-disant universités. Néanmoins, il existe une
connaissance contenue dans les écrits védiques par laquelle
nous pouvons devenir immortels. Cette immortalité est la
meilleure position. Plus de naissance, plus de morts, plus
de vieillesse, plus de maladie. Le maître spirituel accepte
une très grande responsabilité. Il doit guider son disciple
et lui faciliter l’opportunité d’atteindre la position
parfaite – l’immortalité. Le guru doit être compétent pour
mener son disciple de retour à Krishna, la Personnalité
Suprême de Dieu.