Dans ce monde matériel, nous sommes en permanence confrontés
à la dualité. Parfois la température est extrêmement chaude,
et à d'autres moments c'est le froid qui nous tenaille.
Parfois on nous honore, et parfois on nous critique
violemment. Tantôt nous sommes en bonne santé, tantôt nous
tombons malades. À un certain moment nous sommes jeunes, à
un autre nous devenons des vieillards. Parfois nous
jouissons d'une fortune impressionnante, et parfois nous
vivons dans la misère ! Aucune condition n'est permanente
ici-bas. C'est toujours une situation instable, semblable à
celle de la goutte d'eau posée sur une feuille de lotus : à
n'importe quel moment, au moindre souffle de vent, elle peut
glisser et tomber dans la rivière. La Bible confirme
également ce fait lorsqu'elle nous dit : « Il y a une saison
pour chaque chose.»
Quels que soient les plans magnifiques et les arrangements
sophistiqués que nous pouvons faire pour notre avenir, au
bout du compte cela n'aura guère plus de durée que des
châteaux de sable, qui finiront tôt ou tard par être emporté
par les vagues de l'océan. De nos jours, par exemple, nous
ne pouvons plus ignorer le problème du réchauffement
climatique, et cela commence à engendrer une profonde
anxiété chez les êtres humains, qui craignent qu'à cause de
cela « l'équilibre du monde »
(au moins tel que nous le connaissons depuis des
millénaires)
ne devienne grandement
perturbé. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus soucieux
de ce qui va arriver lorsqu'il n'y aura plus de pétrole,
tout au plus d'ici quelques dizaines d'années.
Nous ignorons également comment nous pourrons continuer à
vivre paisiblement si le terrorisme international continue,
comme c'est le cas actuellement, à se développer toujours
davantage.
En réalité nous ignorons ce qui va se passer, et la seule
garantie que nous pouvons avoir c’est que tôt où tard nous
tomberons malades, nous deviendrons vieux, et nous finirons
par mourir. Si c'est là notre destinée, et la seule chose à
laquelle nous pouvons être sûrs de nous attendre, il n'est
pas étonnant que la majorité des gens s'abrutissent dans le
plaisir des sens, pour essayer de chasser l'anxiété qui les
ronge. Malheureusement, force est de constater qu'une telle
attitude ne résout pas le problème. Et dès que la
satisfaction passagère de nos sens s'achève, nous nous
retrouvons confrontés à nouveau à nos peurs et à nos soucis.
Mais est-ce là l'existence que nous sommes censés vivre ?
Est-ce cela « la condition naturelle » prévue pour les êtres
humains ? Ou bien est-ce que la vie trépidante que nous
connaissons aujourd'hui, avec son lot de stress et
d’anxiété, n’est en réalité qu’une situation anormale,
semblable à celle de nos rivières et de nos cours d'eau,
artificiellement salis et pollués, tout comme l'air que nous
respirons.
La condition originelle et naturelle des êtres vivants est
au contraire de s'épanouir dans une existence éternelle,
débordante de félicité et passionnante, grâce à une
connaissance sans bornes. Nous ne sommes pas destinés à
demeurer pour toujours prisonniers dans ce corps matériel
qui n’est que temporaire, recouverts par l'ignorance, et
toujours confrontés à de multiples souffrances. Alors
comment se fait-il que nous nous retrouvions aujourd'hui
empêtrés dans cet état artificiel de servitude et dans ce
lieu où nous sommes à la merci de tellement de déceptions,
de chagrins et de peurs.
Avant notre venue dans l'univers matériel, nous étions des
êtres purs et conscients de Krishna. Nous vivions alors dans
le monde spirituel, échangeant en permanence avec le
Seigneur de multiples relations d'amour. Mais parce qu'il
nous arriva de jalouser Sa position, alors l'envie s'empara
de notre cœur, et nous fûmes aussitôt transférés dans cet
univers particulier où il nous est donné la possibilité de
jouer artificiellement « au maître du monde » ! Nous pensant
nous-mêmes le bénéficiaire de toute chose, nous ne cessons
d'imiter Le Seigneur et de vouloir avoir le rôle principal,
et c'est ainsi, puisque c'est une position factice, que nous
sommes en permanence confrontés aux innombrables limites qui
nous sont imposées par les dualités de cette existence
matérielle. Et il n'est vraiment pas surprenant que dans un
tel monde, où chacun lutte en permanence pour avoir la
position centrale, il y ait tant de conflits et de désordre.
Chacun d'entre nous aspire à ce que les autres se mettent à
son service, toujours prêts à satisfaire le moindre de nos
désirs, et c'est pourquoi il existe des tensions permanentes
au sein des familles, entre les amis, les voisins, les
différentes communautés et mêmes entre les nations.
Et si, malgré ce monde troublé, nous désirons véritablement
goûter à la paix de l'esprit, alors nous devons
impérativement renoncer à cette illusion égocentrique, et
revenir à notre condition originelle, celle où Dieu reprend
la place centrale dans notre vie et dans nos pensées. C'est
cela que l'on nomme la Conscience de Krishna.
Il ne fait aucun doute que nous regagnerons alors notre
nature transcendantale. Enfin affranchis des dualités de
l'existence matérielle, nous serons réceptifs aux
bénédictions que sont un bonheur parfait, et une paix sans
limites.
Sankarshan Das Adhikari
Devoir de la semaine
:
Étudies le
verset 14 du Deuxième Chapitre de « la Bhagavad-gîta
telle qu'elle est » ainsi que sa « Teneur et portée » et
expliques pourquoi Krishna y décrit cet univers matériel
comme étant un lieu de dualité.