Tout
comme celle de la semaine dernière,
j'ai rédigé cette leçon
le 19 janvier 2007,
durant mon séjour dans notre centre ISKCON de Labasa, à
Fidji.
Dans la Bhagavad-gîta, Krishna
décrit la concupiscence comme étant : « le pire de tous les
péchés, l'ennemi dévastateur qui dévore tout en ce monde » !
En effet, aucun sentiment ne nous rend plus malheureux et
plus pitoyables que lorsque nous sommes sous l'emprise de
pulsions insatisfaites. L'une des façons d'essayer de sortir
de cette situation misérable est de tout mettre en oeuvre
pour tenter de gratifier nos désirs sensuels. Le problème
avec cette option est que la concupiscence peut être
comparée au feu : plus on lui donne du carburant, plus
celui-ci s'intensifie et plus la chaleur augmente. De même,
plus nous succombons à nos désirs sensuels, plus nous
devenons torturés par leurs exigences. C'est pourquoi les
personnes saintes préconisent de tolérer ces impulsions. Car
tout comme lorsque nous grattons fébrilement une
démangeaison celle-ci s'intensifie, si nous lui résistons
sans essayer d'en être soulagé, elle finira par diminuer et
disparaître.
Il est pourtant naturel et
humain d'aspirer à la satisfaction de nos sens. Par
conséquent que faut-il faire pour changer cela ? La solution
de cette difficulté réside dans le fait de développer « un
goût supérieur » ! En effet, lorsque l'on goûte un plaisir
supérieur, il devient alors facile d'abandonner une
satisfaction inférieure. Essayer d'abandonner complètement
le plaisir des sens, en entrant artificiellement dans un
état de vide intérieur, dénué de sensations, ou encore en
prétendant « se fondre dans l'absolu » n'est pas une
véritable solution. Même si cette tentative est faite par
les philosophes impersonnalistes qui prétendent qu'en
réalité « tout est néant », illusion, dénué d'existence, ou
encore par les philosophes Mayavadis qui disent eux que
« tout est un » ! Cependant de telles tentatives –
artificielles – destinées à se conditionner à ne plus
ressentir le moindre plaisir, ne peuvent pas durer bien
longtemps. La vraie solution est donc de faire l'expérience
d'un authentique goût supérieur. Et où trouver une telle
satisfaction ? Cela est possible uniquement si nous nous
élevons jusqu'au niveau de la plate-forme spirituelle, ou
transcendantale, car c'est seulement sur ce plan-là que nous
pourrons trouver le pur bonheur, dénué de toute trace de
chagrin ou de manque. Et lorsque nous aurons fait
l'expérience de ce goût supérieur, il nous sera alors facile
d'abandonner notre attirance pour les plaisirs de ce monde,
sans nous sentir alors en aucune façon frustrés ou en
colère.
Supposons qu'une personne ait
économisé toute sa vie pour avoir un million de dollars ; si
je lui demande de renoncer à cette somme, pensez-vous
qu'elle acceptera sans hésiter ma demande ? Bien sûr que non
! Mais si en échange je propose de lui offrir un milliard,
alors elle acquiescera sans aucune hésitation. Le « goût
supérieur » proposé par la Conscience de Krishna est de
cette nature. Il dépasse de très loin tous les plaisirs de
ce monde matériel. C'est la raison pour laquelle lorsque
quelqu'un goûte véritablement et pleinement le doux plaisir
de la Conscience de Krishna, il ne sera plus jamais attiré
par les joies éphémères qui découlent de l'interaction des
sens avec leurs objets, quelle qu'en soit la quantité
offerte. Aussi le Srimad- Bhagavatam décrit-il la Conscience
de Krishna comme étant brahma-saukyam, c'est-à-dire
une félicité spirituelle inextinguible et en constante
augmentation.
C'est pourquoi nous vous invitons, cher lecteur, à entrer
dans ce divin état de conscience libérée. Vous deviendrez
alors naturellement affranchis de toutes les frustrations
associées à la convoitise et à la concupiscence et vous
pourrez goûter à chaque instant le plus doux des nectars.
Faites cette expérience et vous verrez … qu'elle vous
comblera !
Sankarshan Das Adhikari
Devoir de la semaine
:
Étudiez avec
soin le 37ème
Verset du 3èmeChapitre de La
Bhagavad-gîta Telle Qu'elle Est, ainsi
que sa Teneur et portée, puis
répondez à cette question : Pourquoi le fait de céder aux
impulsions de la concupiscence est-il une façon très
décevante d'essayer d'atteindre le bonheur ?